Octobre 2009 :
De nouveaux partenaires nous ont rejoints : HSBC, Veolia (via sa filiale Cabaro) et Manpower notamment.
Afin de leur garantir une qualité d’écoute et d’accompagnement, ce sont 5 psychologues cliniciens qui rejoindront nos équipes d’ici la fin de l’année 2009.
Le risque suicidaire lié au travail
Des salariés de grandes entreprises se sont suicidés sur leur lieu de travail, geste qu’ils ont souvent expliqué par leurs conditions de travail.
Souffrance psychique et risque suicidaire … sujet complexe passé longtemps sous silence !
Quelles préconisations peut-on faire aux équipes de management pour que de tels gestes ne se reproduisent pas ?
Video : Michel DEBOUT, Professeur de Médecine Légale et de Droit de la Santé, préside l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide, a été membre du Conseil Economique et Social, auteur de 2 rapports, violences au travail et harcèlement moral au travail
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3 questions à l’expert :
Jean-Paul DOLZANI, Psychosociologue, Responsable de l’Unité Etudes, Formations et Réseaux, à l’IAPR
Depuis quelques mois,
les suicides ou tentatives de suicide sur le lieu de travail, ou attribués aux
conditions de travail, ont envahi la sphère médiatique … Qu’en
penser ? L’IAPR a depuis sa création, toujours été confrontée à ce type
d’événement ; toutefois, depuis le début de l’année, les psychologues sont
de plus en plus sollicités.
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Comment intervenez-vous ? Il est important d’éviter l’amalgame entre un suicide (ou tentative de suicide) sur le lieu de travail et un suicide hors du lieu de travail, et les effets psychologiques subséquents. En effet, il convient rapport à cet évènement tragique au sein d’une communauté de travail, de distinguer ceux qui ont pu voir et/ou intervenir, et ceux qui ont appris la triste nouvelle. Pour les uns, nous nous trouvons dans ce que nous appelons « être face à un évènement potentiellement traumatique » avec ses conséquences psychologiques, et de l’autre, des salariés confrontés à un choc du décès d’un collègue. Si l'on se place dans un autre registre, pour le premier groupe, l’intervention immédiate se justifie par un évènement potentiellement traumatique (cf. DSM 4 : stress aigu, stress post-traumatique), pour le second, il s’agit d’accompagner l’entreprise et permettre aux personnes de dépasser cet évènement (travail de reconnaissance, rituels sociaux). Mais dans ces situations, l’entreprise doit continuer à s’inscrire dans la vie. Aussi, nous préconisons qu’une cellule de crise soit mise en place au sein de l’entreprise. Ce qui nous conduit à intervenir le plus rapidement sur le site.
Pourquoi pensez-vous nécessaire la mise en place d’une cellule de crise ?
L’entreprise, dans un moment d’une telle intensité doit se donner les moyens de rassurer et de contenir le plus vite possible la situation, puis par la suite, s’engager si nécessaire dans la mise en place d’actions préventives. Pour ce faire, un groupe composé de décideurs, de médecins du travail, juristes, responsables de la communication et éventuellement de membres du CHSCT, est mis en place. Cette cellule est le lieu de suivi, d’échange, d’étude de problèmes et de confirmation des décisions à prendre. Le rôle du psychologue de l’IAPR est d’accompagner et de soutenir. Il se trouve alors dans une posture de conseil, c'est-à-dire dans une démarche proactive permettant d’explorer les différents niveaux de l’intervention de la cellule :
Pouvez-vous développer le dernier point ?
Vis-à-vis de la presse, il convient de souligner que :
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Dans un autre espace, il convient, par ailleurs, de ne pas oublier de faire passer un message de sympathie à ceux qui restent après un suicide….
Mais au fond, savons-nous combien y a-t-il de suicides liés au travail (en France) ?
Il y aurait entre 300 et 400 suicides liés au travail par an, lit-on dans la presse. Ces chiffres sont une extrapolation réalisée sur la base de la seule étude disponible sur le sujet menée en 2003 en Basse-Normandie. Pour contrevenir à cette absence de données fiables, le Ministère du Travail a mis en place une « veille épidémiologique » sur les suicides.
Comment comprenez-vous la difficulté de mettre en place des actions adhoc afin de prévenir les suicides liés au travail et pratiques des organisations ?
Je pense que la difficulté est d’avoir un « cadre commun de travail » permettant aux acteurs de surmonter leurs divergences afin d’agir en conséquence pour améliorer la situation dans ce domaine. En effet, nous nous trouvons aujourd’hui confrontés à un système de croyances, à ce que nous appelons un cadre cognitif des suicides liés au travail qui obère, le plus souvent, les actions correctrices et préventives. Schématiquement, nous pouvons y repérer trois modèles :
Pour vous, l’IAPR se situerait dans quel cadre ?
Tout en s’inscrivant dans des démarches ouvertes, l’attitude de l’IAPR est de ne privilégier aucun modèle, mais au contraire selon les contextes et besoins des entreprises et des salariés de les exploiter tous selon une lecture toujours sur mesure.
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