Crise et transformation : Quels engagements ?

2 Sep 2021 | Blog

Pandémie, confinement, arrêt «  burn-out planétaire » ?  Et si cette période de  « crise » était l’occasion de s’engager, individuellement et collectivement, avec courage et confiance, dans une réelle, profonde et créative transformation ? Avons-nous un autre choix, quand nous constatons qu’asservis à la frénésie du progrès et du rendement, nous consommons, nous épuisons le vivant, en nous-mêmes, chez les autres et sur la planète entière ?

Quant au monde du travail, on y retrouve : culte de l’Excellence,  de la Performance, de la Vitesse, de l’Urgence, du Rendement, de la « Force » (entendue comme capacité à gérer le stress sans faillir), et aussi l’Injonction au « bonheur »… tout cela sans souci des limites de nos capacités humaines, de notre vulnérabilité.

La souffrance explose donc, dans le monde du travail comme partout, en de multiples et diverses manifestations que plus personne ne nie.

Parmi ces manifestations, j’évoque ici, en tant que clinicienne, la souffrance de ces salariés zélés, aimant leur travail, déployant un niveau de conscience professionnelle élevé, des valeurs solides, qui découvrent un jour qu’ils ne peuvent plus faire face : ils sont obligés de s’arrêter ! On parlera de surmenage, d’épuisement professionnel, de burn-out…

Les stratégies défensives qui les aidaient à tenir devant l’intenable se sont effondrées. Leurs rythmes physiologiques et psychiques ont été mis à si rude épreuve qu’ils sont obligés d’en constater brutalement les effets.

Ils ont « craqué » après des mois où ils ne comptaient pas leurs heures, dans la course à des objectifs de plus en plus inatteignables,  à une reconnaissance incertaine ou absente  de leurs efforts, et souvent pour compenser le manque de moyens alloués à l’exercice de leur métier. Des mois, voire des années, où le temps et l’attention à consacrer à d’autres engagements  (famille, vie sociale, et bien sûr à eux-mêmes), ne faisaient plus partie de leur quotidien.

Nombreux sont ceux d’entre eux qui évoquent la honte et la culpabilité de « ne pas être à la hauteur », de « décevoir des attentes »,  « de s’être effondrés », de ne plus « pouvoir se rendre sur leur lieu de travail ».  Ils évoquent aussi la peur de « perdre leur emploi », de perdre l’estime et le respect des collègues ou de la hiérarchie ; la peur d’être jugés  « fragiles »,  donc « pas fiables », « pas crédibles » ; peur de « rechuter » au retour ou de ne plus pouvoir « retrouver le plaisir à travailler »… La peur aussi de voir leur devenir professionnel affecté par cet « accident de parcours ». Certains, qui ne comprennent pas l’obligation d’arrêter, et encore moins que l’arrêt puisse être long,  disent  dès les premiers signes d’amélioration   se sentir « de nouveau d’attaque ». D’autres confient qu’ils « trichent » avec les préconisations médicales en regardant leurs mails « pour ne pas trop se déconnecter ».

N’entend-on pas dire parfois,  en référence à la crise : « Vivement le retour à la normale » ou encore « Qu’on nous rende la vie d’avant » ? Tout se passe comme si ce qui était attendu et entériné était d’oublier nos limites humaines, ainsi que la « robotisation » de notre être au service d’un système qui porte atteinte au vivant sur son passage.

Qu’allons-nous répondre ? Il y a un appel à une Conscience de ce qui nous relie à notre essence humaine et à celle du Vivant. Notre Force véritable, individuelle et nécessairement collective, n’est-elle pas de reconnaître humblement et avec bon sens nos limites physiques, émotionnelles…, notre besoin de liens de coopération et non de concurrence ; de sentir que nous marchons sur un chemin qui a du Sens, au service de la Vie, engagés dans la tâche de rendre hommage à notre humanité, avec ses forces et ses failles, pour le bien de chacun et de tous ?

Vous sentez-vous concerné individuellement par des signaux qui commencent à vous alerter ou qui sont déjà installés ? En êtes-vous témoin chez un de vos collègues ? Constatez-vous que dans votre entreprise, certains services ou certains postes, sont (ou pourraient le devenir) particulièrement concernés par cette problématique ?…souhaitez-vous préparer le retour d’un salarié après son arrêt de travail ?

L’épuisement professionnel interroge l’ entreprise sur le soin accordé à la prévention des facteurs de risque, sur les modes de management qui sont valorisés, sur la qualité des liens impulsée, sur la possibilité offerte aux salariés d’avoir des espaces d’échange et de régulation collectifs …et l’amène à réfléchir et à agir dès l’apparition de cette problématique afin de prévenir sa réapparition.

L’IAPR, de par son engagement et son expertise depuis plus de 20 ans dans le domaine de la prévention des risques psychosociaux, peut vous accompagner dans la réflexion et  la mise en place d’actions concernant l’épuisement professionnel : évaluation des facteurs de risque, conseil, orientation, consultations psychothérapeutiques, interventions à visée diagnostique auprès de collectifs de travail , mise en place d’ espaces d’échange et de régulation collectifs…

Nous serons à l’écoute de votre demande afin de vous proposer un accompagnement adapté à vos besoins.

Maria Rozo
Psychologue Clinicienne – Clinicienne du travail

 

 

 

 

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